Aller au contenu principal

Guide approfondi · PNO

PNO en copropriété : obligations, garanties, tarifs et guide pratique

PNO en copropriété : obligation légale depuis la loi ALUR, garanties, tarifs 2025 et guide complet pour bien choisir votre assurance propriétaire non occupant.

Temps de lecture estimé : 11 min · Mis à jour le 29 décembre 2025

La PNO en copropriété est obligatoire depuis la loi ALUR (1er janvier 2015) pour tout copropriétaire, occupant ou non.

Elle couvre au minimum la responsabilité civile, mais une formule multirisque est vivement recommandée pour protéger vos parties privatives.

Le tarif moyen se situe entre 114 et 168 €/an pour un appartement, avec des offres d'entrée dès 66 €/an, et la prime est déductible des revenus fonciers.

Vérifiez les garanties de la MRI du syndicat avant de souscrire pour éviter les doublons.

PNO en copropriété : obligation légale depuis la loi ALUR

Vous êtes propriétaire non occupant d'un bien en copropriété et vous vous demandez si l'assurance PNO est obligatoire ? La réponse est oui. Depuis la loi ALUR du 24 mars 2014, chaque copropriétaire, qu'il occupe ou non son logement, doit souscrire au minimum une assurance couvrant sa responsabilité civile. Cette obligation est inscrite à l'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965, modifié par la loi ALUR, et en vigueur depuis le 1er janvier 2015 [1][3].

Le texte dispose précisément : « Chaque copropriétaire est tenu de s'assurer contre les risques de responsabilité civile dont il doit répondre en sa qualité soit de copropriétaire occupant, soit de copropriétaire non occupant. » [1][3]

Cette obligation s'applique à tout bien situé en copropriété : appartement loué, vacant ou mis à disposition à titre gratuit. En revanche, pour une maison individuelle hors copropriété, l'assurance PNO n'est pas obligatoire (mais reste fortement recommandée) [2].

Quels risques en cas de non-souscription ?

La loi ne prévoit pas de sanctions pénales formelles en cas d'absence d'assurance. Toutefois, les conséquences indirectes peuvent être très lourdes :

  • Le syndic peut exiger une attestation d'assurance et, en cas de refus du copropriétaire, souscrire un contrat d'assurance à ses frais [1].
  • En cas de sinistre (dégât des eaux, incendie), le propriétaire non assuré doit assumer personnellement l'intégrité des frais de réparation et d'indemnisation, ce qui peut représenter des dizaines de milliers d'euros [4].
  • Si un assureur refuse de vous couvrir, vous pouvez saisir le Bureau Central de Tarification (BCT), qui fixera une prime obligatoire [4].
  • Recours des voisins ou du syndicat à votre encontre en cas de sinistre dans votre lot

Pour une vue d'ensemble complète sur l'assurance propriétaire non occupant, consultez notre guide complet sur la PNO.

PNO, assurance copropriété et MRH : qui couvre quoi ?

L'un des pièges les plus fréquents pour un copropriétaire bailleur est de confondre les différents niveaux d'assurance en copropriété, ou de payer pour des garanties déjà couvertes ailleurs. Il existe en réalité trois couches de protection complémentaires qui s'articulent sans se substituer les unes aux autres [1][7].

Les trois niveaux d'assurance en copropriété

Assurance Souscripteur Périmètre de couverture Obligatoire ?
MRI (Multirisque Immeuble) Syndicat des copropriétaires (via le syndic) Parties communes (toiture, escaliers, canalisations collectives, ascenseurs) RC obligatoire ; MRI souvent imposée par le règlement de copropriété [1]
PNO (Propriétaire Non Occupant) Chaque copropriétaire non occupant Parties privatives + responsabilité civile du propriétaire Oui, depuis la loi ALUR (RC minimum) [3]
MRH (Multirisque Habitation) Le locataire Occupation des parties privatives (risques locatifs) Oui, pour le locataire [2]

Quand la PNO intervient-elle concrètement ?

La PNO en copropriété joue un rôle de filet de sécurité dans plusieurs situations :

  • Vacance locative : entre le départ d'un locataire et l'arrivée du suivant, seule la PNO protège les parties privatives (la MRH du locataire ne couvre plus le logement) [6].
  • Locataire non assuré ou sous-assuré : si le locataire n'a pas souscrit de MRH, la PNO prend le relais pour les dommages causés aux tiers [10].
  • Franchises ou plafonds dépassés de l'assurance collective MRI : la PNO intervient en complément pour couvrir la différence [6][7].
  • Dommages aux parties privatives : l'assurance copropriété ne couvre que les parties communes. Les équipements et aménagements privatifs (cuisine équipée, parquet, plomberie privative) relèvent de la PNO [1].
  • Vice de construction ou défaut d'entretien : la RC du propriétaire couvre les dommages causés aux voisins par un vice structurel [5].

Quelles garanties couvre une assurance PNO en copropriété ?

Le minimum légal imposé par la loi ALUR se limite à la responsabilité civile : elle couvre les dommages que votre logement pourrait causer aux voisins, aux tiers ou aux parties communes (fuite d'eau, incendie propagé, etc.) [1][3]. Cependant, se contenter de cette seule garantie expose le propriétaire à de nombreux risques non couverts.

Garanties fréquemment incluses dans les formules multirisques PNO

  • Incendie et explosion : prise en charge des dommages liés à un feu dans le logement
  • Dégâts des eaux : réparations consécutives à une fuite, une infiltration ou une rupture de canalisation privative
  • Catastrophes naturelles : tempête, grêle, inondation, neige (couverture imposée par la loi)
  • Vol et vandalisme
  • Bris de glace
  • Dommages électriques
  • Défense et recours : assistance juridique en cas de litige lié à un sinistre [10]

Garanties optionnelles à fort intérêt

  • Vacance locative : indemnisation financière pendant les périodes sans locataire (entre deux baux)
  • Garantie Loyers Impayés (GLI) : indemnisation en cas de défaut de paiement par le locataire. Coût : environ 2,5 à 5 % du loyer annuel charges comprises [6]
  • Perte de revenus locatifs : si le bien devient inhabitable après un sinistre, cette garantie compense la perte de loyers (jusqu'à 2 ans chez certains assureurs)
  • Protection juridique : prise en charge des frais de litige (expulsion, conflit avec le locataire ou le syndic)
  • Bris de glace et vandalisme : utile pour les immeubles situés en zone exposée
  • Garantie anti-squat : couverture en cas d'occupation illégale du logement, disponible dès environ 126 €/an
  • Rééquipement à neuf du mobilier (indispensable pour les locations meublées)

Scénarios concrets d'activation de la PNO

Vacance locative : votre appartement est vide entre deux locataires. Une canalisation gèle et éclate : sans PNO, vous assumez seul les frais de réparation et les dommages chez le voisin. Avec la PNO, la garantie dégâts des eaux prend en charge les réparations et la RC couvre les dommages aux tiers.

Locataire non assuré : malgré l'obligation légale, votre locataire n'a pas souscrit d'assurance habitation. Un incendie se déclare. La PNO intervient en lieu et place de l'assurance locataire défaillante pour indemniser les dommages [3][5].

Vice de construction : un défaut d'entretien ou un vice de construction cause des dommages à un voisin. La RC du propriétaire, couverte par la PNO, prend en charge les réparations [5].

Conseil pratique : avant de souscrire des options, consultez le règlement de copropriété (qui peut imposer des garanties supplémentaires) et demandez au syndic le détail des garanties de la MRI collective. Cela vous évitera de payer deux fois pour la même couverture [5][6].

Combien coûte une assurance PNO en copropriété ?

Le coût d'une assurance PNO pour un appartement en copropriété reste modéré au regard de la protection qu'elle apporte.

Repères tarifaires pour 2025

  • Tarif moyen pour un appartement : 114 à 168 €/an, soit 9,5 à 14 €/mois [6]
  • Fourchette générale : 100 à 300 €/an selon la surface, la localisation et les garanties choisies
  • Offres d'entrée de gamme : à partir de 66 à 81 €/an (Amaguiz, Acheel, Luko) [7]
  • Règle empirique : la prime PNO représente environ 1,5 % du loyer annuel [8]

Tarifs indicatifs par surface (appartement)

Surface Tarif annuel indicatif
Moins de 15 m² ~108 €/an
16 à 30 m² ~129 €/an
31 à 50 m² ~124 €/an
51 à 70 m² ~127 €/an
71 à 90 m² ~149 €/an
Plus de 91 m² ~186 €/an

Sources : données LeLynx et Réassurez-moi, 2024-2025 [6][7]

Facteurs qui font varier le prix

  • Surface du logement : plus l'appartement est grand, plus la prime augmente
  • Localisation géographique : un bien situé à Paris coûte en moyenne 50 % plus cher à assurer qu'un bien en province
  • Type de bien : un appartement coûte généralement moins cher à assurer qu'une maison
  • Niveau de garanties : une formule multirisque complète sera logiquement plus onéreuse qu'une simple RC
  • Type de location : meublée ou vide, la tarification peut différer
  • Options choisies : GLI, protection juridique, garantie anti-squat

Avantage fiscal à ne pas négliger

Pour les propriétaires bailleurs, la prime d'assurance PNO est déductible des revenus fonciers. Si vous déclarez vos revenus locatifs au régime réel, vous pouvez déduire la totalité de votre prime d'assurance PNO de vos revenus locatifs, réduisant ainsi votre base imposable. Elle représente généralement entre 1 et 2 % du montant annuel des loyers perçus [3][6].

Comment bien choisir son assurance PNO en copropriété ?

Pour souscrire une assurance PNO en copropriété adaptée, sans doublons ni angles morts, suivez ces étapes clés :

  1. Vérifiez le contrat d'assurance du syndicat : demandez au syndic le détail des garanties de la MRI collective pour identifier précisément ce qui est déjà couvert et éviter les doublons coûteux [1][7].
  2. Lisez le règlement de copropriété : il peut imposer des garanties spécifiques au-delà de la responsabilité civile obligatoire (par exemple, une assurance multirisque complète) [1][5].
  3. Optez au minimum pour la RC, mais privilégiez une formule multirisque : pour quelques euros de plus par mois, vous protégez réellement vos parties privatives contre les sinistres les plus courants (dégâts des eaux, incendie) [10].
  4. Adaptez les garanties à votre profil :
    • Location meublée : ajoutez la garantie mobilier et le rééquipement à neuf
    • Location vide : concentrez-vous sur la RC et les dommages aux biens
    • Bien vacant : assurez-vous d'avoir une couverture vacance locative
  5. Utilisez des comparateurs en ligne (LeLynx, Réassurez-moi, Meilleurtaux) en renseignant la surface, la localisation et les garanties souhaitées. Cela vous permettra d'obtenir plusieurs devis en quelques minutes [8][9].
  6. Vérifiez les plafonds d'indemnisation et les franchises : un contrat peu cher avec des plafonds bas ou des franchises élevées peut s'avérer insuffisant en cas de sinistre important [4].
  7. Conservez votre attestation d'assurance et transmettez-la au syndic sur demande. Ce document prouve votre conformité et facilite la gestion des sinistres en copropriété [1].

Conclusion

L'assurance PNO en copropriété n'est pas un simple choix : c'est une obligation légale depuis la loi ALUR. Au-delà du minimum requis (la responsabilité civile), une formule multirisque offre une protection indispensable face aux aléas de la vie locative : vacance, locataire non assuré, vice de construction ou sinistre majeur. Avec des tarifs moyens compris entre 114 et 168 €/an pour un appartement et la possibilité de déduire la prime de vos revenus fonciers, cette assurance représente un investissement modeste mais essentiel pour sécuriser votre patrimoine immobilier.

Pour bien choisir, prenez le temps de vérifier les garanties de la MRI de votre copropriété, comparez plusieurs devis et optez pour une formule multirisque plutôt qu'une simple RC. Chez AssurancesLabs, nous accompagnons les propriétaires et les bailleurs pour comprendre, comparer et choisir leurs assurances en toute transparence. Notre engagement : un contenu pédagogique et transparent pour vous permettre de prendre les meilleures décisions en matière de couverture.

Références

  1. Service-Public.fr, Copropriété : quelle assurance pour les parties communes ou privatives ?
  2. Service-Public.fr, Assurance du logement par le propriétaire
  3. Luko by Allianz Direct, L'assurance PNO obligatoire en copropriété avec la loi ALUR
  4. Matera, Le point sur l'assurance PNO et l'assurance de la copropriété
  5. LegalPlace, L'assurance PNO (Propriétaire Non Occupant)
  6. LeLynx.fr, Assurance propriétaire non-occupant (PNO)
  7. Réassurez-moi, Quel est le tarif de l'assurance PNO ?
  8. Cotoit, L'assurance PNO en copropriété
  9. Galian-SMABTP, Assurances MRI, MRH et PNO en copropriété : quelles différences ?
  10. Garantme, Que dit la loi ALUR sur l'assurance PNO ?

Pour aller plus loin

Questions fréquentes

L'assurance PNO est-elle vraiment obligatoire en copropriété ?
Oui. Depuis la loi ALUR du 24 mars 2014 , tout copropriétaire (occupant ou non occupant) doit souscrire au minimum une assurance couvrant sa responsabilité civile . Cette obligation, codifiée à l'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965, est en vigueur depuis le 1er janvier 2015 [1][3]. Elle s'applique que le logement soit loué, vacant ou occupé à titre gratuit.
Quelle est la différence entre l'assurance PNO et l'assurance de la copropriété ?
L'assurance de la copropriété, souscrite par le syndicat, couvre les parties communes (murs porteurs, toiture, escaliers, couloirs) et la responsabilité civile du syndicat. L'assurance PNO couvre votre lot privatif et votre responsabilité civile personnelle en tant que propriétaire. Les deux sont complémentaires et non substituables [1][4]. Il est toutefois important de vérifier les garanties de la MRI pour éviter de souscrire des options redondantes.
Que se passe-t-il si je n'ai pas de PNO et qu'un sinistre survient dans mon appartement ?
Sans assurance PNO, vous devrez assumer personnellement tous les frais de réparation et d'indemnisation des dommages causés à la copropriété, aux voisins ou aux tiers. Le syndic peut également souscrire une assurance à vos frais si vous ne fournissez pas d'attestation [1]. Les conséquences financières peuvent être considérables, notamment en cas de dégât des eaux affectant plusieurs lots.
Mon locataire a une assurance habitation : ai-je quand même besoin d'une PNO ?
Oui, absolument. L'assurance MRH du locataire couvre les risques locatifs liés à son occupation du logement. Mais elle ne couvre pas les dommages relevant de votre responsabilité de propriétaire (vice de construction, défaut d'entretien), ni les périodes de vacance locative entre deux baux. De plus, si votre locataire résilie son assurance sans vous prévenir, seule votre PNO vous protège. Dans le cadre de la convention IRSI , si le locataire et le copropriétaire sont en défaut d'assurance, la PNO peut être désignée comme assureur gestionnaire du sinistre [2][3][10].
Puis-je déduire ma cotisation PNO de mes revenus fonciers ?
Oui. Si vous déclarez vos revenus locatifs au régime réel , les cotisations d'assurance PNO sont intégralement déductibles de vos revenus fonciers . Cette déduction fiscale réduit votre base imposable et diminue donc le coût réel de votre assurance. Elle représente généralement entre 1 et 2 % du montant annuel des loyers perçus [3][6].
Données vérifiéesMis à jour le 29/12/2025

Méthode et sources

Méthodologie éditoriale AssurancesLabs : pas de promesse de taux sans devis ; priorité aux sources vérifiables (IPID, conditions générales, autorités).

Sources

IPID lorsque disponibles et validées, documentation interne data/assurances, sites institutionnels.

Version

Documents et données 2025

Relecture

Rédaction AssurancesLabs

Avertissement : certains chiffres présentés sur cette page sont des ordres de grandeur utilisés à des fins pédagogiques. Ils peuvent être inexacts. Pour obtenir une estimation fiable, faites une simulation ou demandez un devis auprès d'un assureur.