Calculateur de Capacité d'Emprunt
Découvrez combien vous pouvez emprunter pour votre projet immobilier selon vos revenus et charges actuelles.
Questions fréquentes
Comment est calculée la capacité d'emprunt ?
La capacité d'emprunt est calculée en fonction de vos revenus nets, de vos charges mensuelles et du taux d'endettement maximum (35% selon les recommandations du HCSF). La formule prend en compte la durée du prêt et le taux d'intérêt.
Quel est le taux d'endettement maximum autorisé ?
Depuis 2021, le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) recommande un taux d'endettement maximum de 35% des revenus nets. Les banques peuvent déroger à cette règle pour 20% des dossiers.
L'assurance emprunteur est-elle incluse dans le calcul ?
Oui, l'assurance emprunteur est prise en compte dans le calcul du taux d'endettement. Elle représente généralement entre 0,2% et 0,5% du capital emprunté par an.
Capacité d’emprunt immobilier 2026 : calcul, règles et optimisation
La capacité d’emprunt détermine le montant maximal qu’un ménage peut emprunter auprès d’une banque pour financer un achat immobilier. Ce plafond dépend des revenus, des charges existantes, de la durée du prêt et des normes prudentielles imposées par le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF). Depuis janvier 2022, ces normes sont devenues juridiquement contraignantes, transformant ce qui relevait auparavant d’une recommandation en obligation réglementaire [1]. Maîtriser ce calcul constitue le préalable à toute recherche de bien : il fixe le budget maximal et évite les déceptions après coup.
Qu’est-ce que la capacité d’emprunt
La capacité d’emprunt mesure l’enveloppe maximale de crédit qu’un établissement bancaire accepte d’accorder à un ménage, compte tenu de ses revenus nets, de ses charges récurrentes et du taux d’intérêt en vigueur. Elle se distingue de la capacité d’achat, qui ajoute l’apport personnel et soustrait les frais de notaire et de garantie [4].
Formellement, la capacité d’emprunt se résume ainsi :
Capacité d’emprunt = (revenus nets mensuels × 35 % − charges existantes) × coefficient de durée
Le coefficient de durée traduit la valeur actualisée d’une annuité constante au taux proposé. À 3,4 % sur 20 ans, ce coefficient vaut environ 175 (chaque euro de mensualité disponible permet d’emprunter 175 € de capital). Sur 25 ans à 3,6 %, il monte à 202. Ce multiplicateur explique pourquoi allonger la durée augmente mécaniquement la capacité, malgré un taux légèrement supérieur.
Pour un couple avec 5 000 € de revenus nets mensuels, sans crédit en cours, la mensualité maximale autorisée est de 1 750 € (35 % × 5 000). Sur 20 ans à 3,4 %, cela donne une capacité d’emprunt d’environ 306 000 €. Ajoutez 50 000 € d’apport, soustrayez 25 000 € de frais : la capacité d’achat atteint 331 000 €.
La règle des 35 % du HCSF
Depuis le 1er janvier 2022, la décision D-HCSF-2021-7 impose à tous les établissements de crédit de ne pas accorder de prêts immobiliers dont le taux d’effort dépasse 35 % des revenus nets de l’emprunteur, assurance emprunteur incluse [1]. Cette règle remplace l’ancien seuil informel de 33 % qui prévalait depuis les années 1990.
Le taux d’effort se calcule ainsi :
Taux d’effort = (mensualités de tous crédits + assurance emprunteur) / revenus nets × 100
Les revenus pris en compte incluent les salaires nets, les pensions, les revenus fonciers (pondérés à 70 % par la plupart des banques), les bénéfices industriels et commerciaux stables. Les primes exceptionnelles, heures supplémentaires variables et revenus de placements financiers sont généralement exclus ou fortement minorés [2].
Les charges retenues comprennent tous les crédits en cours (immobilier, consommation, revolving), les pensions alimentaires versées et les loyers résiduels si l’emprunteur conserve un logement locatif. Les charges courantes (énergie, alimentation, transport) ne sont pas intégrées dans le calcul du taux d’effort réglementaire, mais elles pèsent sur le reste à vivre examiné par la banque en complément.
Calcul pas à pas : revenus, charges, reste à vivre
Voici un exemple détaillé pour un ménage souhaitant emprunter en 2026 :
Situation du ménage :
- Revenus nets mensuels du couple : 4 500 €
- Crédit auto en cours : 280 €/mois (reste 18 mois)
- Pas d’autre charge
Étape 1 - Mensualité maximale : 4 500 × 35 % = 1 575 € (toutes mensualités confondues)
Étape 2 - Mensualité disponible pour le prêt immobilier : 1 575 − 280 = 1 295 € (dont assurance emprunteur)
Étape 3 - Estimation de l’assurance emprunteur : Pour un couple de 32 ans, comptez environ 0,25 % du capital emprunté, soit ~ 45 € pour 220 000 €. Mensualité hors assurance disponible : 1 250 €.
Étape 4 - Capacité d’emprunt sur 20 ans à 3,4 % : Le coefficient est d’environ 175, donc capacité = 1 250 × 175 = 218 750 €.
Étape 5 - Reste à vivre : 4 500 − 1 575 = 2 925 €. La banque vérifiera que ce montant couvre les charges courantes : pour un couple sans enfant, le seuil minimal communément appliqué est d’environ 1 500 €. Ce ménage dispose d’une marge confortable [4].
Si le crédit auto se termine avant le déblocage du prêt immobilier, la banque peut l’exclure du calcul, portant la capacité à 1 575 × 175 = 275 625 €. Solder un crédit consommation avant de déposer un dossier immobilier constitue un levier puissant.
L’impact de la durée sur le montant empruntable
La durée du prêt amplifie mécaniquement la capacité d’emprunt, car la même mensualité permet de rembourser un capital plus élevé sur une période plus longue. Le tableau ci-dessous illustre l’impact pour une mensualité fixe de 1 200 € :
| Durée | Taux moyen 2026 | Capital empruntable | Coût total intérêts |
|---|---|---|---|
| 15 ans | 3,1 % | 180 600 € | 35 400 € |
| 20 ans | 3,4 % | 210 000 € | 78 000 € |
| 25 ans | 3,6 % | 242 400 € | 117 600 € |
Passer de 15 à 25 ans augmente la capacité de 34 % (+61 800 €) mais triple le coût des intérêts. Le HCSF plafonne la durée à 25 ans pour les résidences principales (27 ans avec différé en VEFA) [1]. Au-delà de cette limite, aucun établissement ne peut octroyer de prêt résidentiel, quelle que soit la qualité du dossier.
En pratique, les banques appliquent des grilles de taux croissantes avec la durée : l’allongement s’accompagne d’un surcoût de taux (typiquement +0,10 à +0,20 point par tranche de 5 ans). Ce mécanisme atténue partiellement le gain de capacité, sans l’annuler.
Les exceptions au taux d’effort
La décision HCSF autorise les banques à déroger au plafond de 35 % pour 20 % de leur production trimestrielle de crédits immobiliers [1]. Cette marge de flexibilité est encadrée :
- 80 % de la marge dérogatoire (soit 16 % de la production totale) doit être réservée à l’acquisition de la résidence principale, dont au moins 30 % pour les primo-accédants.
- 20 % de la marge (soit 4 % de la production) est libre d’affectation : investissement locatif, résidence secondaire ou dossiers atypiques.
Concrètement, un emprunteur avec un taux d’effort de 38 % peut obtenir un prêt s’il présente un reste à vivre élevé, un patrimoine conséquent ou des perspectives salariales documentées. Les banques utilisent ces dérogations avec discernement, car un dépassement du quota entraîne des sanctions de l’ACPR.
Selon les données de la Banque de France, le taux moyen d’utilisation de la marge dérogatoire s’établit à 15,4 % de la production au quatrième trimestre 2025, proche du plafond [2]. Les primo-accédants en bénéficient prioritairement, mais les investisseurs locatifs dont le reste à vivre est élevé y accèdent également.
Optimiser sa capacité d’emprunt
Plusieurs leviers permettent d’augmenter sa capacité sans modifier ses revenus :
- Solder les crédits en cours : Rembourser un crédit consommation de 300 €/mois libère une capacité d’environ 52 500 € sur 20 ans. Le gain est immédiat et certain.
- Allonger la durée : Passer de 20 à 25 ans augmente la capacité d’environ 15 % à mensualité constante, au prix d’un surcoût d’intérêts substantiel.
- Réduire l’assurance emprunteur : Opter pour une délégation d’assurance moins coûteuse libère quelques dizaines d’euros de mensualité, réinjectables dans le capital.
- Lissage de prêts : Si un crédit court terme se termine dans les 2 ans, certaines banques acceptent un lissage : les mensualités augmentent après l’extinction du premier prêt, ce qui préserve le taux d’effort à 35 % en permanence.
- Intégrer un co-emprunteur : Ajouter un conjoint ou un parent co-emprunteur augmente les revenus de référence et donc le plafond de mensualité.
Sur notre panel d’assurés, 50,8 % sont locataires en appartement et 31,0 % sont propriétaires occupants en maison. Les locataires présentent souvent un taux d’effort inférieur (pas de prêt immobilier existant), ce qui leur confère paradoxalement une capacité d’emprunt supérieure à un propriétaire déjà endetté souhaitant acheter un second bien.
Le PTZ et son impact sur la capacité
Le Prêt à Taux Zéro (PTZ) améliore la capacité d’emprunt de deux manières : il finance une partie de l’acquisition sans intérêts, et son différé de remboursement (5 à 15 ans) allège les mensualités pendant la phase initiale du prêt principal [3].
Prenons l’exemple d’un primo-accédant achetant un appartement neuf à 220 000 € en zone B1. Le PTZ peut financer jusqu’à 40 % du montant, soit 88 000 €. Le prêt principal se limite alors à 132 000 € (hors apport). Sur 20 ans à 3,4 %, la mensualité du prêt principal tombe à 757 € au lieu de 1 262 € sans PTZ. Pendant la période de différé total du PTZ (15 ans pour les revenus les plus modestes), le taux d’effort est considérablement allégé.
Toutefois, les banques intègrent le remboursement futur du PTZ dans leur calcul de soutenabilité. Elles simulent les mensualités sur toute la durée, y compris après la fin du différé, pour vérifier que le taux d’effort ne dépasse jamais 35 % [1]. Cette approche prudente limite le gain réel de capacité apporté par le PTZ, mais il reste un outil majeur pour boucler un plan de financement en réduisant le besoin d’apport et le coût total du crédit.
En 2026, le PTZ a été étendu et reste disponible jusqu’en 2027, avec des plafonds de revenus relevés et un élargissement aux zones B2 et C pour l’ancien avec travaux [3]. Ce dispositif bénéficie prioritairement aux primo-accédants avec des revenus modestes à intermédiaires, exactement le profil majoritaire de notre panel (locataires en appartement représentant 50,8 % des dossiers).
Questions fréquentes
Quel salaire pour emprunter 200 000 € ?
Sur 20 ans à 3,4 % avec assurance, la mensualité totale s’élève à environ 1 190 €. Pour respecter le plafond de 35 % du HCSF sans crédit en cours, il faut un revenu net mensuel d’au moins 3 400 € (soit environ 40 800 € net annuel). Sur 25 ans, le seuil descend à environ 3 000 € net mensuel.
Les revenus locatifs comptent-ils dans la capacité d’emprunt ?
Oui, mais avec une décote. La plupart des banques retiennent 70 % des loyers perçus (pour intégrer la vacance locative et les charges). Si vous percevez 800 € de loyer mensuel, la banque comptabilise 560 € dans vos revenus. Certaines banques appliquent un différentiel (loyer perçu − mensualité du crédit locatif) plutôt qu’une intégration aux revenus.
Peut-on dépasser les 35 % d’endettement ?
Oui, dans la limite de 20 % de la production trimestrielle de chaque banque. Cette dérogation est réservée prioritairement aux primo-accédants pour leur résidence principale. Un reste à vivre confortable, un patrimoine existant ou des revenus en forte progression augmentent vos chances d’en bénéficier. En pratique, les banques accordent rarement des dossiers au-delà de 38-40 %.
Comment le PTZ augmente-t-il ma capacité d’emprunt ?
Le PTZ finance une partie de l’achat sans intérêts et avec un différé de remboursement de 5 à 15 ans. Pendant ce différé, seul le prêt principal génère des mensualités, ce qui réduit votre taux d’effort. Attention : la banque simule tout de même la période post-différé pour vérifier que le cumul reste sous 35 %. Le gain réel de capacité se situe entre 10 % et 20 % selon votre profil.
Un crédit auto en cours réduit-il beaucoup ma capacité ?
Proportionnellement, oui. Un crédit auto de 300 €/mois réduit votre capacité d’environ 52 500 € sur 20 ans. Si le crédit se termine dans moins de 12 mois, certaines banques acceptent de ne pas le comptabiliser ou proposent un lissage. Solder le crédit avant de déposer votre dossier immobilier reste la stratégie la plus efficace.
Sources et références
Dernière mise à jour : 2026-05-07
