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Catastrophes naturelles : pourquoi votre surprime habitation est passée de 12 % à 20 %

Réglementation
Évolution de la surprime catastrophes naturelles habitation de 12 % à 20 % et auto de 6 % à 9 %

**Beaucoup d'assurés l'ignorent : une ligne de leur prime d'assurance a augmenté de moitié début 2025. La surprime catastrophes naturelles, prélevée sur tous les contrats habitation et auto, est passée de 12 % à 20 % sur la multirisque habitation et de 6 % à 9 % sur l'assurance auto, en application de l'arrêté du 22 décembre 2023. Cette hausse, effective au 1er janvier 2025, est généralisée et indépendante de l'assureur. Décryptage d'un mécanisme méconnu qui pèse sur chaque facture.**

Qu'est-ce que la surprime catastrophes naturelles ?

La surprime « catastrophes naturelles » n'est pas une option : c'est un prélèvement obligatoire intégré à votre prime d'assurance habitation et auto. Elle finance le régime d'indemnisation des catastrophes naturelles, un dispositif de solidarité nationale créé par la loi de 1982.

Concrètement, l'État garantit l'indemnisation des dommages causés par des événements reconnus « catastrophe naturelle » par arrêté interministériel (inondations, sécheresse, mouvements de terrain, coulées de boue). En contrepartie, chaque contrat d'assurance dommages contribue via cette surprime, calculée en pourcentage de la cotisation. La Caisse centrale de réassurance, un organisme public adossé à l'État, réassure les assureurs sur ce risque.

Ce qui change précisément depuis 2025

Le taux de la surprime était resté stable pendant près de vingt ans. L'arrêté du 22 décembre 2023 l'a sensiblement relevé, avec effet au 1er janvier 2025.

| Contrat | Taux jusqu'en 2024 | Taux depuis 2025 | |---|---|---| | Multirisque habitation | 12 % | 20 % | | Assurance auto (dommages) | 6 % | 9 % |

Pour l'habitation, la hausse est de 8 points, soit une progression d'environ 67 % du montant de la surprime. Sur une cotisation habitation dont la part assurance dommages s'élève à 250 €, la surprime passe d'environ 30 € à 50 € par an. Pour l'auto, le taux grimpe de 6 % à 9 %, soit la moitié en plus. Cette augmentation s'ajoute, sur les avis d'échéance 2025 et 2026, aux hausses tarifaires commerciales décidées par ailleurs par les assureurs.

Pourquoi cette hausse était attendue

Le relèvement répond à un déséquilibre financier de ce régime d’indemnisation, fragilisé par l'accélération des événements climatiques.

Le premier facteur est la **sécheresse et le retrait-gonflement des argiles**, devenu le premier poste de sinistralité du régime. Les fissures sur les maisons individuelles, particulièrement dans les zones argileuses, représentent des indemnisations massives et croissantes.

Le deuxième facteur est la **multiplication des inondations et des épisodes climatiques extrêmes**, dont le coût pour les assureurs progresse d'année en année : il a atteint 5,2 milliards d'euros en 2025, comme le détaille notre article sur le [coût des catastrophes climatiques](/actualites/cout-catastrophes-climatiques-2025). France Assureurs anticipe un alourdissement durable de cette charge à l'horizon 2050 sous l'effet du dérèglement climatique. La surprime relevée en 2025 s'inscrit donc dans une trajectoire de fond, et non dans un ajustement ponctuel : d'autres révisions ne sont pas à exclure si la sinistralité poursuit sa progression.

Sans relèvement de la surprime, le régime risquait de ne plus pouvoir absorber ces chocs. La hausse vise donc à reconstituer la capacité d'indemnisation face à un aléa devenu structurel.

Qui est le plus concerné

Si la surprime s'applique à tous les contrats, son poids relatif n'est pas le même pour tous les ménages. Les **propriétaires de maisons individuelles** sont en première ligne, notamment dans les régions exposées au retrait-gonflement des argiles, un phénomène qui touche une large part du territoire métropolitain. Une fissuration structurelle peut entraîner des travaux de plusieurs dizaines de milliers d'euros, ce qui explique le poids croissant de ce risque dans les comptes du régime.

Les habitants des **communes régulièrement reconnues en état de catastrophe naturelle** sont également plus directement intéressés : pour eux, la surprime n'est pas une ligne abstraite mais la contrepartie d'une probabilité réelle d'indemnisation. À l'inverse, un locataire en appartement dans une zone peu exposée paiera la même surprime proportionnelle sans percevoir le risque sous-jacent, au nom de la solidarité nationale qui fonde le dispositif depuis 1982.

Pour savoir si votre logement se situe en zone exposée, le portail public Géorisques permet de consulter, commune par commune, les aléas recensés (argiles, inondation, mouvements de terrain). Cette information est précieuse au moment de souscrire ou de renégocier votre contrat.

Ce que cela change pour vous

Cette surprime étant réglementaire et identique chez tous les assureurs, il est impossible d'y échapper en changeant de compagnie. En revanche, plusieurs points méritent votre attention.

D'abord, la **transparence** : la surprime catastrophes naturelles doit figurer sur votre avis d'échéance. Si vous constatez une hausse de votre prime, distinguez la part réglementaire (la surprime catastrophes naturelles) de la part commerciale de l'assureur, qui, elle, se négocie et se compare.

Ensuite, la **prévention**, qui reste votre meilleur levier. Dans les communes exposées au retrait-gonflement des argiles ou aux inondations, vérifiez les garanties et franchises spécifiques de votre contrat, ainsi que les obligations liées au plan de prévention des risques. Notre [guide de l'assurance habitation](/assurance-habitation/guide) détaille les garanties à surveiller et notre page dédiée aux [risques de catastrophe naturelle](/assurance-habitation/catastrophe-naturelle) explique le fonctionnement des indemnisations.

Enfin, gardez à l'esprit que la franchise légale en cas de catastrophe naturelle est, elle aussi, fixée par l'État et identique partout : seule la qualité de vos autres garanties et le tarif commercial de base font la différence entre deux contrats. Comparer reste donc utile, à condition de raisonner sur la part négociable de la prime et sur l'étendue réelle des garanties, et non sur la seule surprime réglementaire, sur laquelle aucun assureur ne peut consentir de remise.

Méthodologie et sources

Cet article s'appuie sur l'arrêté du 22 décembre 2023 relevant le taux de la surprime catastrophes naturelles, sur le fonctionnement du régime des catastrophes naturelles tel que décrit par la Caisse centrale de réassurance, et sur les données de sinistralité climatique publiées par France Assureurs. Les montants en euros sont des illustrations calculées à partir des taux cités et ne constituent pas une estimation contractuelle.

Sources

- Arrêté du 22 décembre 2023 relevant le taux de la surprime catastrophes naturelles (Journal officiel). - Caisse centrale de réassurance, régime d'indemnisation des catastrophes naturelles. - France Assureurs, statistiques de sinistralité climatique en France.

Sources

  • Arrêté du 22 décembre 2023 relevant le taux de la surprime catastrophes naturelles (Journal officiel)
  • Caisse centrale de réassurance, régime d'indemnisation des catastrophes naturelles
  • France Assureurs, sinistralité climatique en France

Méthodologie : comment nous analysons les contrats

Rodrigue Menegaux

Fondateur, AssurancesLabs

Rodrigue Menegaux est le fondateur d'AssurancesLabs (ORIAS n°26003306), plateforme française d'analyse et de comparaison d'assurances couvrant 18 verticales et plus de 170 contrats analysés. Diplômé de l'ESCP Business School à Paris et titulaire d'un MBA de la Wharton School (University of Pennsylvania), il a débuté sa carrière en 2009 chez Bain & Company sur des missions de conseil en stratégie pour le secteur des services financiers (banque, assurance), avant de travailler chez eBay Classifieds dans la Silicon Valley en 2013. De retour en France, il a co-fondé en 2016 Climb.fr, plateforme d'investissement et de gestion de patrimoine ayant levé 10 M€, qu'il a quittée en 2024. Il a lancé AssurancesLabs en 2025, dont la méthodologie repose sur la lecture des Documents d'Information sur le Produit d'Assurance (IPID) et le croisement avec les sources publiques (France Assureurs, ACPR, AERAS, CCSF). Le modèle économique du site est financé par une commission versée par les assureurs partenaires uniquement à la souscription, sans impact sur les analyses éditoriales.

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