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Augmentation MAAF 2026 : ce qui explique la hausse de vos cotisations auto et habitation

Consommation
Évolution des cotisations d'assurance MAAF en 2026 — analyse AssurancesLabs

Avec plus de 3,8 millions de clients et un réseau de plus de 1 000 agences, la MAAF est l'un des assureurs préférés des Français pour l'auto et l'habitation. En 2026, ses assurés constatent pourtant, comme partout, des avis d'échéance en hausse. Décryptage des causes, des montants en jeu, et d'un point de vigilance que notre analyse des documents contractuels a mis en lumière.

Une hausse généralisée du marché, pas une exception MAAF

Pour 2026, le cabinet Facts & Figures anticipe une progression moyenne de 4 à 6 % des primes habitation et de 4 à 5 % en auto. Les projections du cabinet Addactis sont plus élevées en habitation, entre 7 et 8 %. La presse spécialisée souligne par ailleurs que les hausses réelles varient très fortement d'un assuré à l'autre, certains profils pouvant voir leur cotisation progresser de 10 à 15 %.

La MAAF appartient au groupe Covéa, aux côtés de MMA et GMF : ensemble, ces trois mutuelles protègent 11,5 millions de sociétaires et clients, assurent plus de 10,7 millions de véhicules et plus de 8 millions de logements. Cette taille donne au groupe une vision fine de la sinistralité française — et les chiffres qu'il observe vont tous dans le même sens : les sinistres coûtent plus cher chaque année.

Les trois moteurs de la hausse 2026

Le premier moteur est l'inflation des coûts de réparation : pièces détachées automobiles, main-d'œuvre, matériaux de construction. Chaque sinistre indemnisé coûte plus cher qu'il y a un an, à fréquence constante.

Le deuxième moteur est climatique. La multiplication des épisodes de grêle, d'inondation et de sécheresse alourdit la charge des assureurs. La traduction réglementaire est connue : depuis le 1er janvier 2025, la surprime « catastrophes naturelles » prélevée sur tous les contrats est passée de 12 % à 20 % en habitation et de 6 % à 9 % en auto. Cette composante s'impose à la MAAF comme à tous ses concurrents.

Le troisième moteur est individuel : sinistralité récente, changement de situation, commune plus exposée aux risques naturels. C'est lui qui explique qu'à contrat identique, deux assurés MAAF ne subissent pas la même évolution.

Le point de vigilance MAAF : les franchises, l'autre prix de votre contrat

Notre baromètre de mars 2026, fondé sur l'analyse des documents d'information normalisés (IPID) de 37 contrats habitation du marché, a relevé pour le contrat MAAF analysé une franchise dégâts des eaux de 3 944 € — le montant le plus élevé de notre panel, dont la moyenne s'établit à 246 €. À l'inverse, la franchise vol relevée (50 €) figure parmi les plus basses du marché, pour une moyenne de 119 €.

Ce grand écart illustre une règle d'or trop souvent oubliée au moment de comparer : la cotisation annuelle ne dit pas tout. Le dégât des eaux étant le sinistre habitation le plus fréquent en France, une franchise élevée sur cette garantie peut coûter, en un seul sinistre, davantage que plusieurs années d'écart de prime. Avant de juger une hausse de cotisation — ou d'y répondre en changeant d'assureur — vérifiez systématiquement les franchises de votre formule et celles du contrat concurrent.

Comment réagir à la hausse de votre cotisation MAAF

Commencez par relire votre avis d'échéance à garanties constantes : plafonds, options et franchises ont-ils évolué en même temps que le tarif ?

Ensuite, faites jouer la concurrence en connaissance de cause. La loi Hamon vous permet de résilier votre contrat auto ou habitation à tout moment après un an, sans frais, le nouvel assureur effectuant les démarches. Notre simulateur de date de résiliation vous indique précisément quand vous pouvez agir.

Pensez aussi au levier du multi-équipement : comme la plupart des mutuelles, la MAAF valorise les clients détenant plusieurs contrats, et un devis concurrent documenté reste le meilleur argument de négociation en agence.

Enfin, si un désaccord persiste — sur une revalorisation, une indemnisation ou une résiliation — le parcours de réclamation est encadré : service client, puis service réclamations MAAF, puis saisine gratuite de la Médiation de l'Assurance. En 2024, la médiation a reçu 36 537 saisines, en hausse de 19 %, et a donné totalement ou partiellement raison aux assurés dans 55 % des litiges tranchés.

Ce qu'il faut retenir

La hausse 2026 des cotisations MAAF suit la tendance du marché : +4 à 8 % en habitation selon les cabinets, +4 à 5,5 % en auto, surprime CatNat réglementaire comprise. La vraie spécificité à surveiller chez MAAF ne se trouve pas sur la ligne « cotisation » mais dans le tableau des franchises : comparer les contrats sans les lire, c'est risquer de payer son économie apparente au premier sinistre.

Sources

  • Facts & Figures – Anticipations tarifaires assurance 2026 (relayées par L'Argus de l'assurance et LeLynx)
  • Addactis – Projections d'évolution des cotisations auto et MRH 2026 (relayées par Planète CSCA)
  • Arrêté du 22 décembre 2023 relevant la surprime catastrophes naturelles au 1er janvier 2025 (Journal officiel)
  • Covéa – Chiffres clés du groupe (covea.com)
  • Baromètre des franchises habitation AssurancesLabs – analyse IPID, mars 2026
  • La Médiation de l'Assurance – Rapport d'activité 2024

Méthodologie : comment nous analysons les contrats

Rodrigue Menegaux

Fondateur, AssurancesLabs

Rodrigue Menegaux est le fondateur d'AssurancesLabs (ORIAS n°26003306), plateforme française d'analyse et de comparaison d'assurances couvrant 18 verticales et plus de 170 contrats analysés. Diplômé de l'ESCP Business School à Paris et titulaire d'un MBA de la Wharton School (University of Pennsylvania), il a débuté sa carrière en 2009 chez Bain & Company sur des missions de conseil en stratégie pour le secteur des services financiers (banque, assurance), avant de travailler chez eBay Classifieds dans la Silicon Valley en 2013. De retour en France, il a co-fondé en 2016 Climb.fr, plateforme d'investissement et de gestion de patrimoine ayant levé 10 M€, qu'il a quittée en 2024. Il a lancé AssurancesLabs en 2025, dont la méthodologie repose sur la lecture des Documents d'Information sur le Produit d'Assurance (IPID) et le croisement avec les sources publiques (France Assureurs, ACPR, AERAS, CCSF). Le modèle économique du site est financé par une commission versée par les assureurs partenaires uniquement à la souscription, sans impact sur les analyses éditoriales.